mardi 21 février 2012

Sans titre, le jardin aux sentiers qui bifurquent, BRUNO PEINADO


Du sol au plafond, Bruno Peinado a recouvert les pièces d'un réseau de lignes, qui se déploie comme une arborescence aux ramifications colorées de bleu, jaune, violet, vert et rouge.

Conçue dans le cadre de l'action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France, cette oeuvre s'intègre dans un espace du centre médical qui réunit les soins de support (kinésithérapie, psychologie, soins palliatifs) et les consultations
Le cahier des charges, émis par les patients de l’Institut, a laissé apparaître le désir d'une oeuvre vivifiante, diffuse dans les espaces d'attente et de circulation, évocatrice d'un jardin, « passerelle » entre l'Institut de Cancérologie et le monde extérieur.

Les banquettes se colorent suivant les lignes colorées

Bruno Peinado a élaboré une oeuvre qui s’immisce dans la peau de l’architecture en y dessinant des lignes de couleurs. Ce réseau se déploie du sol au plafond comme une arborescence aux ramifications luxuriantes qui transforme en couleur franche tout ce qu’elle touche : une banquette se colore en rouge, un rideau évolue dans un vert printanier. Bruno Peinado hybride ces cheminements au revêtement du sol par la technique de la marqueterie.


Une oeuvre pensée avec les patients afin de créer un espace apaisé et stimulant au niveau du plateau des soins de support et des consultations
Avec la mention Sans titre, Bruno Peinado offre au spectateur le choix de nommer lui-même l’oeuvre, puis il emprunte le titre d’une nouvelle de Jorge Luis Borges, Le Jardin aux sentiers qui bifurquent, « pour ces qualités d’évocation d’un ailleurs dans un espace clos, un lieu rêvé aux divers sentiers qui pourraient nous amener à prendre du recul sur ce que nous vivons ».


Les lignes colorées s'étirent sur les mrs.... mais aussi sur les rideaux, banquettes....

Intégrer à ce lieu une oeuvre d'art contemporain avec la volonté d'associer les patients à la réflexion.

 
L'oeuvre a été réalisée dans le cadre d'un partenariat entre la Fondation de France, action Nouveaux commanditaires, le ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale de la création artistique / Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire au titre de la commande publique, et l'ICO René Gauducheau À Nantes-Saint-Herblain.

L'Artiste, Bruno Peinado
Bruno Peinado est né en 1970. Installé à Douarnenez, il enseigne à l’école supérieure d’art de Quimper. Représenté en France par la galerie Loevenbruck (Paris), il montre régulièrement son travail à l’étranger (États- Unis, Italie, Espagne, Suisse et Autriche). Plusieurs Centres d’art et institutions lui ont consacré des expositions personnelles importantes : le Casino Luxembourg (2010), le FRAC des Pays de la Loire (2007), ainsi que le Palais de Tokyo (2004). Il a participé à de nombreuses expositions collectives notamment La Force de l’Art 02 au Grand Palais, Paris (2009), à la biennale d’art contemporain de Lyon (2007). Ses oeuvres sont présentes dans des collections publiques et privées : au Fonds National d’Art Contemporain, aux FRACS : Pays de la Loire, Basse Normandie, Corse, Nord Pas de Calais, Poitou Charentes mais aussi aux musées de Jérusalem, Tours et au Luxembourg.



The big one world, 2000.




mardi 31 janvier 2012

Les Stupas - Dagoba

Stupa de Swayambhunath
 (près de Katmandou au Népal) 


Le Stupa ( ou Dagoba) est une structure architecturale bouddhiste et jaïna (religion indienne qui prescrit un chemin de la non- violence envers tous les êtres vivants) que l'on trouve dans le sous-continent indien, dont il est originaire, mais aussi dans le reste de l'Asie, où il a suivi l'expansion du bouddhisme. Il n'y a pas de représentation iconique du Bouddha, mais cependant, on commémore sa mort.

Le culte du stupa a été initié par l'empereur Ashoka, au III° siècle av. J.-C. lorsqu’il a remis plusieurs reliques de Bouddha aux grandes villes de son royaume. Ils devinrent rapidement des centres de pèlerinage et les fidèles construisaient souvent de petits stupas adjacents pour honorer Bouddha.




Origine:
Stupa de Taxila ( un des Stupas d'origine)
Au commencement, ce n'était qu'un empilement de pierres ( tumulus) au milieu duquel est enfermée une relique du Bouddha ou d'un saint.
D'après la tradition, après la crémation du Bouddha, ses reliques sont partagées en huit parties qui sont distribuées aux huit rois venus lui rendre hommage à cette occasion : Ajâtashatru, le roi du Magadha, au Lichchavî de Vaishâlî, aux Shâkya de Kapilavastu, aux Buli d'Allakappa, aux Koliya de Ramagama, au brahmane de Vethadipa, aux Malla de Pâpâ - Pâvâ en pâli - et aux Malla de Kusinâgar. Ce sont ces reliques qui vont être enchâssées dans les premiers stupas.



Fidèles circunambulant autours d'un Stupa 

Les fidèles,"circumnambulent" (rite consistant à tourner autour d'un symbole), dans le sens solaire autour du Stupa en récitant des mantras (outil protecteur de l'esprit, conférant divers pouvoirs et bénédictions) et en faisant tourner un moulin à prière.




Schéma de principe:
schéma de principe du Stupa primitif,
 tel qu'il apparaît en 
Inde centrale et à Ceylan
avec ses correspondances symboliques.
Correspondance avec le corps du Bouddha

Classement des Stupas:

En effet, tous les Stupas n'abritent pas de reliques, ils se classent en 4 catégories:
- les Dhâtu-chaitya qui abritent des reliques
- les Paribhoga-chaitya qui contiennent des objets ayant appartenu au Bouddha
- les Dharma-chaitya qui exposent la doctrine bouddhique
- les Uddeshika-chaitya qui commémorent simplement le parinirvâna du Bouddha,(chaitya étant un mot sanscrit signifiant sanctuaire)



Divers Stupas:
Supa Sri Lankais






Détails du Stupa Sri Lankais:

- Les trois terrasses symbolisent la robe de moine de Bouddha pliée en quatre,
- L'anda parfaitement hémisphérique correspond au bol à aumônes renversé.
- Le belvédère (ou balustrade) et les parasols ouchatraveli représentent l'élévation vers la boddhi.








Stupa Mont Fuji (un des rares Stupa du japon)
Stupa de Sanchi (Inde central)
Détail Stupa de Swayambhunat
Stupa Kanheri



Avec le temps, la forme du stupa connaît une forte variation lors de sa dissémination dans le continent asiatique, chaque région développant son style propre.

- Les premiers stades de son évolution s’observent en particulier au Gandhâra et dans les sites voisins, mais aussi dans la région d’Amarâvatî et dans les temples rupestres de l’ouest de l’Inde (Bedsâ et Kârlî; maintenant à dater de 50-100 et d’env. 120 ap. J.-C.).
Il se produit d’abord un étirement vertical du soubassement circulaire, qui se transforme de la sorte en un cylindre plus ou moins haut, lequel peut être divisé en zones ; le dôme hémisphérique se trouve ainsi surélevé et devient plus petit, proportionnellement, que son support. Entre-temps, il s'est créé l’effigie du Bouddha et s'est laboré un art figuratif très varié. Une rangées de niches offre la place pour des statues cultuelles et reliefs narratifs.

Stupa Gandhara


On observe également Le Chörten qui est la forme tibétaine des stupas bouddhiques.
Le chörten est construit dans les mêmes matériaux que les fermes et les monastères tibétaines : briques séchées ou pierres carrées avec un habillage en plâtre.
Chörten Tibétaine

Stupa Kumbum, Tibet
A Ceylan et en Indochine, spécialement en Thaïlande, le stupa s’inspire du type originel et ignore totalement toutes ces métamorphoses survenues dans le nord. Certes, il témoigne également de la tendance à la verticalité et développe des formes extrêmement monumentales, mais en dépit de toutes les légères différences dans le détail, il perpétue le type fondamental de la demi­sphère avec couronnement érigée sur un soubassement circulaire assez bas, avec des voies d’accès limitées aux quatre points cardinaux.

stûpa d'Anuradhapura, à Ceylan

Pagode Shweda






 Détail de la pagode de Birmanie : 

Ce Stupa est le premier lieu religieux de Birmanie car selon la légende, il contient des reliques de quatre anciens Bouddhas, dont huit cheveux du Bouddha Gautama.  
 (PS: Une pagode abrite un ou plusieurs Stupas)
En Chine, l'évolution de la Stupa est considérable. La verticalité s’accentua par la multiplication des gradins ou assises qui acquièrent de plus en plus le caractère d’étages ; les corniches qui les séparent se développent en couronnes de toiture. La calotte du stupa s’atrophie de plus en plus, pour ne finalement subsister que sous la forme rudimentaire d’une base à peine visible du pinacle (partie la plus élevée d'un édifice.)

pagode de Longuai, Shangaï
Sommet de la pagode de Shangaï


La Corée connaît principalement deux types de pagodes : la pagode de pierre (qui a suivit l'influence de la chine), et la pagode de bois à étage (qui imite probablement sans grande originalité le modèle chinois).

Pagode jardin du changgeonggung, corée
La pagode japonaise, s’inspire d’abord pour tous ses traits essentiels des exemples primitivement coréens, mais aussi chinois. Mais les Japonais firent preuve d’une volonté propre en choisissant deux modèles, types qu’ils ont conservés à travers toutes les époques, et dont l’un se vit presque accorder un monopole : à savoir la pagode à étages et galeries, construite presque exclusivement en bois sur plan carré avec le plus fréquemment cinq, souvent trois, occasionnellement sept ou neuf étages, et des toitures très largement débordantes, couronnée d’un haut mât de bronze comprenant le plus souvent neuf anneaux.

Konpon-Daito, pagode du temple Kongobu-ji,
sur le mont Koya, Japon

Aujourd'hui encore, les Stupas restent ou redeviennent des lieux de cultes et de pèlerinage. Ils sont également des éléments architecturaux faisant parti du patrimoine du pays qui conservent l'apparence traditionnelle religieuse.


Exemple avec le temple Borobudur (considéré comme un stupa) construit vers l'an 800 et laissé à l'abandon vers 1100. Il fut sauvé de la ruine grâce aux efforts de l'UNESCO du gouvernement indonésien, le temple est aujourd’hui restauré et figure à l’inventaire du patrimoine mondial de l'humanité. 

Stupa de Borobudur, Indonésie, restauré en 1973
Temple de Borobudur

Artistes:

Martine Camillieri (plasticienne contemporaine pionnière en matière de détournement et de recyclage)
"Mon travail artistique est une suite de petites expérimentations destinées à sur-enjoliver l'ordinaire. C'est aussi une démarche écologique puisque l'idée est de proposer une deuxième vie, ou de multiplier les fonctions des objets de grande consommation par le biais du détournement, ceci à fin de limiter leur nombre sur terre. Mon intervention est infime, elle est de simplement regarder, détourner, assembler, empiler ou retourner des objets qui nous sont proches, avec humour ou tendresse pour en obtenir d'autres qui ré-enchanteront un moment, de notre quotidien.
Pour mes installations, j'utilise des objets qui ont cessé de plaire, objets reniés ou sans avenir "

Lors de son expositions à la Fodation espace écureuil pour l'art contemporain, Martine Camillirie investi l'espace et crée un lieu sacré, d'offrande et de réflexion. L'artiste veut inciter les gens « à pratiquer une consommation ludique », nous invite ici à réfléchir sur la société de consommation effrénée qui est la nôtre.










lundi 26 décembre 2011

Micro-environnement, Ettore Sottsass, 1972

Considéré comme l'un des designer les plus important du XXème Siecle, Ettore Sotsass a su explorer le champ de la création avec un grand esprit libre: l’art, l’architecture et le design.


En 1972, il présente son micro-environnement , un projet composé de système d'éléments modulaires adaptables à différentes fonctions domestiques et combinables selon des configurations multiples.
Prototype de « containers » en fibre de verre grise, comprenant cuisinière/four, évier/lave-vaisselle, douche/toilette, étagère/rangement, siège/lit et penderie modulaire.
Ce projet n'était pas d'aboutir à un produit élégant, gracieux, mais de manifester et de susciter des idées.
Ces meubles sont disposés sur des roulettes qui glissent très facilement de tel sorte qu’un enfant puisse les déplacer.
Ce mobilier remet en question le mode d'habitation traditionnel.


Projet du micro-environnement, présenté à l'exposition The New Domestic Landscape au Musée d’Art Moderne de New York, en 1972


« Faire du design, ce n’est pas donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse. Pour moi le design est une façon de débattre de la vie. » E.S

mardi 22 novembre 2011

L'art est dans les tuyaux! Bryan Mc Cormack


" Je veux que le visiteur se retrouve dans un  environnement qu'il ne connaît pas et qui le désoriente," explique Brian Mc Cormack.

 la fameuse « Chenille », (au centre Pompidou) comme on l'appelle, est recouverte de 80 000 préservatifs en plastique dur et transparent, de couleur rose, bleu, violet, jaune ou rouge. Une couleur par étage.

 Invité du Centre Pompidou pour une collecte de fonds destinés à la recherche contre le sida, l'artiste d'origine irlandaise estime que « si le visiteur va facilement identifier chacun des éléments, le connu devient inconnu, dès lors qu'il se retrouve sous une forme inattendue, dans un lieu inhabituel, ou lié à des sons auxquels on ne s'attend pas ». Brian Mc Cormack rythme en effet son installation de battements de cœurs humains. On entend le sien au rez-de-chaussée, puis des cœurs de plus en plus jeunes, à mesure qu'on s'élève. Au 6e étage, c'est celui d'un nourrisson. La lumière extérieure donne à la chose un aspect féerique, aussi bien quand on est à l'intérieur de la Chenille que vu de l'extérieur, depuis le parvis.

dimanche 6 novembre 2011

Lucien Pellat-iNet Shinsaibashi, osaka



Boutique et café pour le couturier Lucien  Pellat-Finet par Kengo Kuma

L’espace créé par Kengo Kuma déploie une structure alvéolaire en panneaux de contreplaqué structurel.
La structure en nids d'abeille se développe sur les trois étages du magasin et crée un effet de ruche tant à l'intérieur qu'en façade, où l'on peut voir la continuité de la création.
Il est intéressant de voir ici comment formes et fonctions sont étroitement liées, avec une structure unifiée qui, en plus de son aspect esthétique très original, sert tout autant à filtrer la lumière en façade qu'à présenter les produits ou créer des espaces précis à l'intérieur.
"Je souhaitais exprimer la douceur du cachemire en m'inspirant d'une surface organique végétale" explique Kengo Kuma.

mardi 18 octobre 2011

The sound Tree


L'arbre à son

Dévoilé au Salon de Milan, le Sound Tree est une création des designers Maurizio Galante et Tal Lancman pour Elipson, invités par Jean Yves Le Porcher, directeur de création de la marque. Ils ont livré leur vision des iconiques enceintes sphériques Planet d’Elipson. De cette collaboration est née le Sound Tree, une sculpture-arbre musicale conçue pour les espaces exceptionnels. La base, en forme de tronc, renferme le caisson de basses, tandis que les câbles se déploient de la base au plafond tels des branches. Chaque fruit rond est en réalité une enceinte. Installé sous l’arbre, on est ainsi enveloppé par le son comme au coeur d’un cocon musical.
Pour sa première présentation à Paris,
L'arbre à Son au bar du Plazza Athénée, pour les défilés de Haute Couture (juillet 2011).

lundi 10 octobre 2011

Krijn de Koning



Vides pour un patio, Exposition au Musée des Beaux Arts de Nantes, 2011


Krijn de Koning prend possession de l'espace du patio du musée des beaux-arts de Nantes avec une construction compacte constituée de cloisons entièrement blanches, reprenant une des faces du patio, la démultipliant et la fractionnant. Monumentalité et sobriété se conjuguent ainsi dans cet espace aux volumes bouleversés.